mardi 6 mai 2014

Le GH4 de Panasonic meilleur qu'une RED EPIC ?

Le compte-rendu des tests effectués par  Luke Neumann et publiés sur le site nofilmschool, pose des questions intéressantes concernant le rendu en terme de résolution à la sortie du GH4 (REC709 ?) comparée aux sorties RAW de l'EPIC et du 5DMARKIII. Effectivement, le GH4 donne des images plus nettes et donc apparemment une meilleure définition. Mais il s'agit d'un flux vidéo obtenu après débayerisation et interpolation. Il est donc possible que le traitement interne chez RED et Canon-Magic Lantern soit minimal et que tout le travail soit laissé à la post-production.
D'autre part, il n'est pas question du type d'enregistrement effectué en sortie du GH4 : à partir de la sortie HDMI 10 bits (donc YCbCr 4:2:2 en Rec709) ou enregistré directement sur carte ou bien encore en utilisant une sortie HD-SDI par l'intermédiaire du boitier d'interface DMW-YAGH.
On comprend donc que Panasonic, pour obtenir son 4K ou Ultra-HD effectue l'essentiel du traitement dans le boitier, alors que RED effectue ce travail en post-production.
Par ailleurs, l'auteur fait remarquer qu'il y a une différence importante entre la résolution comprise comme "détail" et la "netteté" (sharpness) d'une image. Les images peuvent paraitre très nettes en raison du traitement sur les contours, sans pour autant que la caméra soit capable d'enregistrer des détails aussi fins. La résolution d'un système de prise de vue (caméra ou photoscope) est donc avant tout fonction de sa capacité à reproduire les détails les plus fins d'une image et non pas du traitement effectué après le bloc de prise de vue (optique + capteur).
Organisation d'un filtre de Bayer
Ensuite, bien sûr, il y a la qualité des algorithmes de débayérisation (ou dématriçage pour les puristes). Dans le meilleur des cas, ils sont capables de reproduire 80% des détails fins d'une image, ce qui signifie qu'un capteur affichant une résolution de 4K ne sera pas, a priori, meilleur qu'un capteur affichant 5K ou plus. Du moins en termes de reproduction de ces détails.
Au final,  cependant, on peut comprendre l'attrait que représente un appareil capable de délivrer une image 4K directement exploitable en sortie de l'appareil, sans avoir à recourir à de longs traitements en post-production. Même si pour cela il faut réaliser des compromis en termes de compression, par exemple.


dimanche 27 avril 2014

4K et Ultra-HD pour tous ?

Dans la flopée de nouveaux appareils tous capables de filmer en 4K DCI et/ou Ultra-HD qui arrivent sur le marché, avec des prix annoncés particulièrement attractifs - voir les annonces faites au NAB - une question me taraude tout de même : et le RAW dans tout ça ? 
En effet, l'information issue du capteur reste, finalement, le meilleur garant de la qualité finale.
Un bref récapitulatif des usages du RAW (merci à Jean-Charles Fouché) :
Le but  du RAW c'est de :
- Travailler avec une quantité maximale de nuances : 12, 14 ou 16 bits, au lieu des 8 bits généralement couverts par la production "low cost".
- Récupérer le signal du capteur d'image le plus directement possible sans aucun pré-traitement (exploitation plus rapide qu'en HD positif car seule l'ouverture du diaphragme est à considérer, comme en 35mm film d'ailleurs).
- Utiliser la puissance de traitement en post-production pour modifier, étalonner l'image à sa convenance : le laboratoire n'est plus dans la caméra (tournage rapide, vulgaire, en vidéo mobile, avec des réglages effectués dans les menus internes de la caméra, sans moyen réel de vérifier le travail), mais dans l'ordinateur en post-production (avec une augmentation notable du temps passé en post-production, et donc du budget).

Le problème, c'est que le format RAW n'est pas standardisé : il y a pratiquement autant de RAW que de caméras ! Chaque constructeur implémente son propre format, incompatible avec les autres. C'est ainsi que chez ARRI on a des fichiers .ari (pour Arriraw), ou R3D chez Red.
C'est pour cela que l'éditeur de logiciels Adobe a crée son propre format RAW, interopérable et appelé Digital Negative ou DNG (sur la base du format TIFF). Pour le cinéma, Adobe a proposé un format CinemaDNG sous la forme d'une suite de fichiers DNG indexés ou encore encapsulés dans un container MXF.

Ci-dessus un exemple de workflow avec le nouveau Sony NEX A7s

Bref, on aurait bien voulu retrouver, chez les "low cost", quelque chose qui ressemble à du RAW. Chez Sony en particulier, (qui présentait un full frame le A7s) ou chez Panasonic qui a fait le "buzz" avec le GH4. Mais non, et Blackmagic Design reste encore la seule firme capable de mettre sur le marché des caméras qui enregistrent directement en CinemaDNG, un format qui, bien que compressé, représente tout de même une alternative élégante au ProRes et DNxHD, surtout lorsqu'on envisage une post-production lourde.
La firme Atomos a annoncé d'autre part la disponibilité prochaine d'un enregistreur, le Shogun, capable, quant à lui, d'enregistrer en 4K et CinemaDNG. Mais ce n'est pas ce qui est fourni sur les sorties HDMI ou 3G HD-SDI des appareils Sony et Panasonic (YCbCr 4:2:2 rappelons-le... sur 8 bits pour l'A7s et 10 bits pour le GH4). Bien évidemment on aurait préféré des infos en provenance directe du capteur (comme Magic Lantern l'a fait avec certains DSLR Canon), quitte à utiliser des LUTs pour la visualisation en tournage.
En fin de compte, c'est peut-être de Chine que vient la véritable nouveauté, avec la firme KINEFINITY, dont la caméra KineMINI 4K est proposée en pré-commande à 3199$ sur le site de la firme, mais comme il faut ajouter les options 4K RAW et HiSpeed, proposées séparément à 669$ chacune, le prix de revient est sensiblement plus élevé qu'une Blackmagic 4K. Reste à voir ces caméras sur le terrain.