samedi 9 novembre 2019

Cinéma et histoire : une relation ambiguë

Questions sur l'histoire et ses interprétations... ou comment les controverses ressurgissent dès qu'on aborde des questions contemporaines. Ici il est question de la série "Apocalypse : la guerre des mondes", dans laquelle le duo Costelle - Clarke entreprend de donner sa propre version de la guerre froide au cours de la période 1945 - 1991. Les deux cinéastes-producteurs étaient invités pour participer à l'émission "Le cours de l'histoire", présentée par Xavier Mauduit. Etait invité aussi l'historien Pierre Grosser, auteur d'un livre sur l'année "1989", présentée comme celle au cours de laquelle "le monde a basculé". Dans cette émission de France Culture du 8 novembre, qui a tournée à l'empoignade entre historien professionnel et producteurs-cinéastes, il est tout de même symptomatique que personne n'ait évoqué la question de l'ORIGINE des images utilisées : montage d'images d'archives, bien sûr, mais images d'archives provenant de reportages, de films de propagande ou de films diffusés par les services des forces armées... Utilisation de la bande son aussi : le commentaire, bien sûr, mais aussi des effets sonores qui peuvent appuyer le propos et orienter le regard vers une direction particulière. L'image n'est jamais neutre lorsqu'il s'agit d'histoire.
On peut relire bien sûr les travaux (fondateurs) de Marc Ferro et aussi, de parution plus récente, l'ouvrage de Christian Delage et Vincent Guigueno : "L'historien et le film" et, en particulier, l'analyse par Christian Delage du "Dunkerque" de Christopher Nolan. Ou comment la reconstitution historique sert à expliciter la notion centrale de point de vue au cinéma.


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